Utilisé comme substitut du sucre, l’aspartame est devenu omniprésent dans de nombreux produits de consommation courante, souvent à l'insu des consommateurs. Face à la montée des préoccupations concernant sa sécurité, l’association Foodwatch tire la sonnette d’alarme sur cette substance et demande une plus grande transparence dans l’étiquetage.
Depuis des décennies, l’aspartame a pris place dans notre alimentation, se retrouvant dans plus de 6 000 produits en Europe. Cet édulcorant intense, doté d’une puissance sucrante environ 200 fois supérieure à celle du sucre classique, est prisé par les industriels pour sa capacité à offrir un goût sucré tout en réduisant l'apport calorique, une stratégie marketing efficace dans la lutte contre le sucre.
Cependant, cette utilisation généralisée soulève des questions importantes. Selon Foodwatch, l'aspartame s'est installé dans nos vies sans que nous en soyons toujours conscients. Pour le détecter, il est nécessaire de lire attentivement les étiquettes, où il se présente sous son nom ou sous le code E951, souvent accompagné de la mention "contient une source de phénylalanine", élément essentiel pour alerter les personnes atteintes de phénylcétonurie.
Sodas, chewing-gums et yaourts
Les boissons “zéro sucre” sont les produits emblématiques portant l’aspartame. Des marques comme Coca-Cola Zero, Pepsi Max, et Sprite Zero en contiennent systématiquement. Toutefois, cet édulcorant est également présent dans de nombreux chewing-gums et bonbons sans sucre, dans des yaourts allégés comme Yoplait 0 %, ainsi que dans des produits destinés aux sportifs, tels que Powerade et diverses gammes protéinées, et même dans des médicaments effervescents.
D’après les autorités sanitaires, plus de 600 médicaments recourent à cet ingrédient, ce qui renforce la nécessité d'une vigilance accrue face à ses effets potentiellement nocifs.
Une vigilance indispensable
Les inquiétudes autour de l’aspartame ont resurgi au début des années 2000, et en 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC) l’a classé comme "possiblement cancérogène pour l’humain". Bien que l’OMS estime que les doses habituellement consommées ne constituent pas de préoccupation majeure, Foodwatch souligne qu’un principe de précaution s’impose. En outre, l’association met en avant l'idée que les édulcorants ne sont pas des solutions pour contrôler le poids et peuvent même intensifier l’attrait pour le goût sucré, incitant ainsi à consommer d’autres produits sucrés.
Sur le plan économique, remplacer le sucre permet aux industriels de réduire les taxes associées, tout en préservant l'appétit des consommateurs pour le sucré. En 2025, suite à une initiative de Foodwatch, la taxe sur les sodas a été renforcée pour inclure le pouvoir sucrant d'édulcorants comme l’aspartame.
Face à ces paradoxes, Foodwatch réclame une interdiction totale de l’aspartame dans les produits alimentaires. En attendant une éventuelle évolution réglementaire, il est crucial pour les consommateurs d’être vigilants. Lire attentivement les étiquettes, identifier le code E951 et connaître les produits susceptibles de le contenir sont des moyens efficaces de limiter leur consommation.







