Le chef multi-étoilé, Alain Ducasse, revient au Plaza Athénée avec un concept qui célèbre la naturalité. Découvrez ses réflexions sur la cuisine et sa philosophie de vie.
Madame Figaro. - Que signifie pour vous le concept de "naturalité" ?
Alain Ducasse. - La naturalité, c'est redécouvrir les saveurs authentiques des aliments et adopter une consommation plus saine. Mon menu s'articule autour d'une trilogie : poissons, légumes et céréales. Ces ingrédients, bien que simples, révèlent toute leur beauté, car je privilégie l'essence des produits plutôt que les embellissements superflus.
Quel est votre principal trait de caractère ?
L'impatience, couplée à une profonde passion.
De quoi êtes-vous le moins fier ?
Bien que mon impatience stimule ma progression, elle peut parfois peser sur mes relations, tant sur le plan personnel que professionnel.
Quel trait des autres vous irrite le plus ?
La malhonnêteté intellectuelle.
Qu'aimerais-vous changer chez vous ?
Si je le pouvais, je souhaiterais avoir trente ans de moins, tout en conservant l'expérience que j'ai accumulée.
Et dans votre famille ?
Rien. J'ai perdu mes deux parents, ma mère tôt et mon père récemment. Ces pertes sont profondément ancrées en moi. Ma mère aurait aimé me voir réussir, même en tant que cuisinier.
Quel genre de père êtes-vous ?
Je suis à l'écoute, sans être trop sévère.
Comment gérez-vous le stress ?
Je pratique le partage du stress, le transmettant de manière constructive.
Quel est votre geste écologique ?
J'essaie de promouvoir des changements dans nos habitudes alimentaires, en mettant l'accent sur la modération.
Votre plus grand accomplissement ?
Avoir gardé le contrôle sur ma destinée.
Qu'est-ce qui vous motive chaque matin ?
Me réveiller avec l'optimisme que chaque journée sera exceptionnelle.
Quelles sont les trois pièces essentielles de votre garde-robe ?
Un jean, une chemise blanche et des chaussures de marque Alden.
L'élégance, pour vous, c'est ?
Être authentique, sans tromperie.
Et la vulgarité ?
C'est faire preuve de mépris envers ceux qui sont différents.
Quel type de cadeau offrez-vous souvent ?
Du chocolat provenant de ma propre manufacture.
Qui inviteriez-vous à un dîner idéal ?
Carole Bouquet pour son esprit vif, Bill Clinton pour son engagement social, Michelle Obama pour sa vision de l'alimentation, et Valéry Giscard d'Estaing pour sa grande civilité.
Pour vous, le summum du luxe est ?
Prendre le temps de vivre pleinement et de rendre service.
Quel est votre livre de chevet ?
Je lis tout ce qui concerne l'industrie alimentaire, car je suis un cuisinier global à la recherche de perspectives locales, que ce soit à Tokyo, New York ou Paris.
Une mode qui vous agace ?
L'omniprésence du vinaigre balsamique.
Un objet indispensable ?
Un porte-clés fabriqué à partir d'un dollar or américain.
Votre plus grande extravagance ?
Ma collection de bagages, qui compte environ quatre cents pièces.
Un lieu qui vous représente ?
La tour Eiffel, où l'on se sent enraciné tout en ayant une vue d'ensemble.
Votre mot préféré ?
Mieux. On doit toujours chercher à s'améliorer.
Quelles sont vos prochaines vacances ?
Lors de mes jours de repos, je me ressource à la campagne.
La phrase qui vous déstabilise ?
« Je vais voir ce que je peux faire… » Cela me rappelle ma devise : "Dire ce que l'on fait et faire ce que l'on dit !"
Votre madeleine de Proust ?
Les douceurs que je propose à la fin de mon repas.







