Réduire sa consommation alimentaire de moitié ou de deux tiers pendant quelques jours par mois est-il réellement un gage de santé, comme l'affirme une récente étude américaine ? Démêlons le vrai du faux avec l'aide d'une diététicienne.
Une recherche menée par l'Université de Caroline du Sud aux États-Unis conseille un régime de demi-jeûne consistant à réduire son apport calorique quotidien à un tiers ou à la moitié de la quantité habituelle, cinq jours par mois. Ce régime, qui privilégie les soupes de légumes et les tisanes à la camomille, pourrait contribuer à ralentir le vieillissement et réduire le risque de maladies comme le diabète et les troubles cardiovasculaires. Généralement, en dehors de ces journées, tout est permis. Mais en réalité, ce demi-jeûne est-il réalisable et bénéfique pour notre corps ? Éclairage de Cécile Cottus, diététicienne et membre de l'Association Française des Diététiciens Nutritionnistes (AFDN).
Les enjeux du demi-jeûne
Une réduction drastique de l'apport alimentaire, de 2 200 calories à seulement 600-700 calories par jour, se traduit par une ingestion totale de 3 000 à 3 500 calories lors de ces cinq jours, soit l'équivalent de ce que l'on consomme en un jour et demi. Cela entraîne inévitablement une carence énergétique et peut provoquer une fatigue généralisée ainsi qu'un manque de nutriments essentiels (acides aminés et acides gras, entre autres) nécessaires au bon fonctionnement de notre organisme.
La nature de l'alimentation pendant le demi-jeûne
Les préparations nutritives sous forme liquide n'offrent pas un temps d'absorption adéquat par les villosités intestinales, ce qui rend difficile le maintien de l'énergie au fil de la journée. Par ailleurs, les bouillons de légumes, bien qu'ils apportent des glucides, sont déficients en protéines et lipides nécessaires au quotidien. Les acides aminés, en particulier, doivent être fournis par l'alimentation, car notre corps ne peut les synthétiser.
Un régime à risque pour l'équilibre alimentaire
Se nourrir principalement de glucides contredit le principe d'une alimentation équilibrée et peut induire l'effet yoyo ; c'est-à-dire que, bien que l'on puisse initialement perdre du poids, l'organisme crée des réserves qui mènent à une reprise de poids supérieure à ce qui a été perdu, tout en diminuant la masse musculaire, un aspect non négligeable.
L'étude précise également que ce régime ne vise pas la perte de poids, mais la préservation de la santé. Toutefois, il suggère de manger librement en dehors des jours de demi-jeûne, sans prendre en compte l'équilibre alimentaire. Même si ces cinq jours peuvent apporter des bénéfices sur le plan de la santé, ces améliorations seraient contrebalancées par des habitudes alimentaires déséquilibrées le reste du temps. L'alternance de jours de diète et d'excès risque inévitablement de mener à une perte suivie d'une reprise de poids.
Vers une alimentation équilibrée
Nous, les diététiciens, nous battons pour promouvoir des habitudes alimentaires saines, sans restriction. Privilégier une alimentation variée et équilibrée, respectant des portions appropriées, est essentiel pour maintenir une santé optimale, notamment en lien avec la prévention du diabète et des maladies cardiovasculaires.
Merci à Cécile Cottus, diététicienne et membre de l'AFDN.







