Dans l'Union européenne, plusieurs organismes génétiquement modifiés (OGM) sont autorisés, notamment des végétaux comme le maïs, le soja et le colza, qui constituent des ingrédients courants de notre alimentation. Pourtant, des chercheurs et organisations écologiques alertent depuis des années sur les risques potentiels liés à leur consommation, notamment en termes de santé et de biodiversité, ainsi que sur les implications éthiques de la manipulation génétique.
En France, la culture commerciale des OGM est interdite depuis 2008, à l'exception du maïs génétiquement modifié MON810, conçu pour résister à certains insectes. Bien que la réglementation encadre l'utilisation des OGM en agriculture depuis le début des années 2000, ce cadre est moins rigoureux pour les nouvelles techniques génomiques (NTG), qui font encore l'objet de débats.
Qu'est-ce qu'un OGM et où en est-on dans notre alimentation ?
Les OGM désignent des organismes dont le patrimoine génétique a été modifié par des techniques de génie génétique, telles que la transgénèse. Ces organismes sont principalement utilisés dans l'agriculture, permettant de cultiver des plantes comme le coton, le maïs et le soja, largement adoptées aux États-Unis et en Amérique du Sud.
Les inquiétudes concernant les OGM se rapportent à la santé, à l'environnement et aux conséquences éthiques de leur utilisation. En Europe, depuis 2001, toute mise sur le marché d'un OGM requiert une évaluation des risques sanitaires et environnementaux. Actuellement, une centaine de types d'OGM sont autorisés en Europe pour des produits comme le maïs et le soja, ce qui nécessite un étiquetage clair pour les consommateurs.
Cependant, certains États européens ont adopté des réglementations supplémentaires. En France, la culture d'OGM à des fins commerciales est strictement contrôlée, et des laboratoires nationaux vérifient la conformité aux règlements. Malgré cela, la Commission européenne envisage de réviser certaines de ses réglementations concernant les OGM.
Une nouvelle génération d'OGM bientôt autorisée dans nos assiettes ?
Les nouvelles techniques génomiques (NTG) émergent comme une approche innovante pour générer des plantes plus résistantes et adaptées aux changements climatiques. Utilisant des méthodes avancées comme les ciseaux moléculaires (CRISPR-Cas9), ces techniques permettent des modifications précises sans introduction de gènes étrangers, élargissant ainsi le champ d'application par rapport aux OGM traditionnels.
En juillet 2023, la Commission européenne a proposé un règlement visant à classer deux types de NTG : le première catégorie, avec un maximum de 20 modifications, ne nécessiterait pas les mêmes réglementations que les OGM, tandis que la deuxième, avec plus de 20 modifications, serait soumise aux mêmes règles. Toutefois, un consensus n'a pas encore été atteint parmi les États membres. Le Parlement européen a approuvé une version assouplie en février 2024. En France, l'Anses continue de préparer une évaluation des risques associés aux NTG, incitant à une réglementation adaptée pour chacune des plantes concernées.







