Des données récentes révèlent que la France importe davantage de denrées alimentaires qu'elle n'en gaspille, avec une part importante du gaspillage se produisant dès la phase de production.
Chaque année, c'est près de 153,5 millions de tonnes de denrées alimentaires qui se volatilisent en Europe, selon le rapport "No Time to Waste" publié par Feedback EU fin septembre 2022. En 2021, l'Union Européenne a importé 138 millions de tonnes de produits agricoles, indiquant un gaspillage qui dépasse nettement les importations. Ce gaspillage résulte principalement de la chaîne de production, où seulement 21% des denrées perdues le sont dans les foyers.
Un gaspillage aux conséquences économico-environnementales
D'après le même rapport, ce gaspillage alimentaire génère des coûts de 143 milliards d'euros par an pour l'UE, en plus de représenter 6% des émissions de gaz à effet de serre dans l'Union. Cela se traduit par une estimation de 219 euros par citoyen au sein des États membres. Le Bureau européen de l’environnement (BEE) souligne l'urgence d'agir face à ce "scandale" qui impacte la sécurité alimentaire, particulièrement dans un contexte de crise du coût de la vie.
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Chaque Français jette 67 euros de nourriture par mois
Une étude récente révèle qu'en moyenne, près de 60 euros de produits alimentaires jetés chaque mois sont des fruits, légumes et du pain.
Face à cette situation préoccupante, Feedback EU et d'autres organisations appellent la Commission européenne à établir des objectifs juridiquement contraignants de réduction des déchets alimentaires, visant 50% de réduction d'ici 2030. Il est essentiel de reconnaître que 58% du gaspillage a lieu durant la phase de production. Ainsi, si l'on parvenait à réduire ces pertes, cela pourrait préserver 4,7 millions d'hectares de terres agricoles.
L'organisation insiste sur la nécessité d'intégrer les déchets provenant du secteur agricole et de la transformation, soulignant que ne viser que les déchets de détail exclurait une majorité des pertes. Des discussions entre la Commission, le Conseil et le Parlement européen sont donc primordiales. L'adoption d'une telle législation pourrait établir un précédent mondial, marquant une avancée significative dans la lutte contre le gaspillage alimentaire.







