À partir de novembre, une enquête importante sur la contamination des poissons des rivières par les PCB (polychlorobiphényles) sera menée par l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et l'Institut national de veille sanitaire (Invs). Cette étude visera à évaluer l'impact de la consommation régulière de poissons sur la santé des populations riveraines des cours d'eau tels que le Rhône, la Moselle, la Seine, le Rhin et la Somme.
Un lien inquiétant entre consommation de poisson et santé
Les travaux de recherche découlent d'une inquiétude croissante autour de la pollution de ces rivières par les PCB, des substances chimiques hautement toxiques, aussi appelées pyralènes. Les résultats préliminaires de cette étude, qui sera réalisée sur quatre sites à différents niveaux de contamination, ainsi que sur deux sites témoins non pollués (en Loire et en Garonne), seront publiés en juillet 2010. Le rapport final, quant à lui, sera disponible en février 2011.
Des données alarmantes auprès des riverains
Cette recherche répond à une demande pressante de la part de la population et des organisations de protection de l'environnement et de la santé. Récemment, l'association WWF a divulgué les résultats d'une étude révélant que les habitants proches du Rhône et de la Seine, mangeant du poisson au moins une fois par semaine, affichent des niveaux de PCB dans le sang jusqu'à cinq fois plus élevés que ceux d'un groupe témoin. Parmi les participants, ceux ayant vécu plus longtemps à proximité de ces rivières présentent les taux les plus alarmants, notamment deux pêcheurs et des consommateurs réguliers de poissons.
Les dangers des PCB pour la santé
Utilisés autrefois dans diverses industries comme isolants ou lubrifiants, les PCB ont été prohibés en 1987 en raison de leur toxicité et de leur potentiel cancérigène. Leur accumulation dans les sédiments des cours d'eau soulève des questions de santé publique. Des études menées aux États-Unis et en Espagne ont mis en lumière les risques d'infertilité, de cancers du sein et du côlon, ainsi que de problèmes neurologiques chez les personnes exposées aux PCB. Face à ces enjeux, il est crucial de continuer les investigations pour mieux comprendre l'ampleur du problème et protéger les populations concernées.







