Tandis que certains l'utilisent à foison, d'autres la fuient, et la raison de cette aversion est étonnante.
L'expression "Des goûts et des couleurs, on ne discute pas" résonne particulièrement quand il s'agit de la coriandre, cette herbe aromatique au cœur des cuisines d'Asie et d'Amérique latine. Malgrè sa popularité croissante, elle reste la bête noire de nombreux gourmands. Pourquoi un tel rejet ? Pour le savoir, nous avons consulté le docteur Philippe Pouillart, immuno-pharmacologue à l'Institut polytechnique UniLaSalle de Beauvais, et ancien chercheur à l'Inserm et au CNRS.
Les saveurs controversées
Les détestateurs de la coriandre ne manquent pas d'imagination pour décrire son goût : « torchon sale, savon, vomi ». Et vous n'êtes pas seuls dans votre aversion. Une étude de 2012 révèle que 21 % des Asiatiques, 17 % des Européens et 14 % des Africains affirment ne pas aimer cette herbe. En revanche, seulement 7 % des Sud-Asiatiques et 4 % des hispanophones partagent ce dégoût. Pourtant, il existe différentes variétés de coriandre, dont le goût peut varier considérablement, comme l'indique Dr. Pouillart.
Le lien entre génétique et aversion
Si la majorité des scientifiques pointent vers la génétique pour expliquer ce phénomène, c'est grâce à un gène, l'OR6A2, qui est associé à la sensibilité aux aldéhydes. Ces composés chimiques, présents dans la coriandre, sont également retrouvés dans de nombreux produits de nettoyage. Cela pourrait expliquer pourquoi notre cerveau peut catégoriser la coriandre comme non comestible. De plus, des recherches sur des jumeaux révèlent que 80 % des vrais jumeaux partagent la même opinion sur le goût de l'herbe, renforçant l'idée que l'aversion peut être héréditaire.
Diminuer l'intensité du goût
Pour ceux qui souhaitent atténuer le goût de la coriandre, Dr. Pouillart suggère plusieurs alternatives. Au Portugal, par exemple, elle apparaît dans le plat traditionnel carne de porco à Alentejana où les saveurs des autres ingrédients masquent son goût. Une autre option est de la remplacer par du persil plat. Il est à noter qu'il faut souvent plusieurs essais avant que quelqu'un puisse vraiment affirmer son dédain pour un aliment.
Cet article a été mis à jour depuis sa première publication le 29 octobre 2017.







