Chaque année, de véritables sommes d'argent ne sont pas revendiquées par les assurés en matière de droits à la retraite. Ce phénomène est souvent causé par des contrats oubliés ou des démarches peu connues. L'Union Retraite s'emploie à remédier à cette situation et à mieux informer les générations concernées, à travers divers projets mis en place en 2024.
Un constat préoccupant
Il est indéniable que de nombreux droits à la retraite restent non revendiqués malgré la prise de conscience croissante des Français concernant leur avenir financier. Les raisons de ce constat? Une méconnaissance des processus ou un simple oubli, amenant certains individus à ne pas faire valoir l'intégralité de leurs droits. Cela inclut tant les régimes obligatoires (retraite de base et complémentaire) que les dispositifs d'épargne retraite supplémentaire, qu'ils soient souscrits individuellement ou par le biais de l'entreprise (PER, PERCO, Madelin, Corem, PERE, etc.). Comme le souligne le journal Les Echos, environ 80 % des contrats de retraite non liquidés proviennent des dispositifs d'épargne mis en place par les entreprises pour leurs employés.
Des initiatives pour informer
Pour contrer ce phénomène, diverses campagnes d'information ont été lancées, avec des résultats quantifiables. Selon le rapport d'activité 2024 de l'Union Retraite, 13 millions d'euros de droits non réclamés des régimes obligatoires ont été récupérés l'année précédente. En plus, 20 millions d'euros de pensions sont redistribués chaque année. Pour les générations visées par la campagne de sensibilisation de l'année précédente, notamment celles nées en 1947 et 1948, environ 30 % des personnes contactées ont réussi à faire valoir leurs droits.
Un nouvel axe de communication
Afin de mieux toucher les assurés, l'Union Retraite a abandonné les e-mails, jugés peu efficaces, pour privilégier l'envoi de courriers postaux. En 2024, trois nouvelles générations (1949, 1950 et 1954) ont été ciblées, avec l'expédition de 160 000 lettres. Celles-ci étaient destinées aux personnes remplissant certaines conditions, comme percevoir un minimum de 12 euros par mois de pension ou 150 euros en capital unique, tous régimes confondus, et ne pas avoir exercé d'activité professionnelle durant les deux années précédentes. Parallèlement, une première phase d'une expérimentation pour sensibiliser aux contrats de retraite supplémentaire a vu 38 000 lettres envoyées à des assurés de plus de 70 ans détenant au moins un contrat d'épargne retraite de plus de 100 euros, anticipant une seconde vague prévue en janvier 2025.
Les chiffres du rapport soulignent également un intérêt croissant des Français pour leur retraite, avec un afflux notable sur la plateforme Info Retraite. En 2023, 21,7 millions de simulations ont été effectuées via l'outil "Mon estimation retraite", représentant une augmentation de 155 % depuis 2021. Bien que ce chiffre soit inférieur au pic de la réforme de 2023, toutes les demandes ont connu une forte hausse notamment : +9 % pour les départs à la retraite, +57 % pour les pensions de réversion, +142 % pour les consultations des services aux retraités et +227 % pour le téléchargement des attestations fiscales.







