Le taux d'épargne des Français a atteint un niveau record, détenu à 18,8 % de leur revenu disponible au premier trimestre 2025, un chiffre qu'aucun économiste n'avait anticipé. Ce chiffre, révélé par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), représente la rémunération après transferts sociaux et impôts, et signale une tendance où l’inquiétude pour l'avenir financier prévaut.
Une épargne en hausse, peu importe les revenus
Comparé à la fin de 2024, le taux d'épargne a encore gagné 0,4 point, et a progressé de 1,1 point sur une année. Bien que le pouvoir d'achat ait augmenté de 2,6 % en 2024 avec un ralentissement de l'inflation, enregistrant même une baisse du taux du Livret A, le taux d'épargne financière a atteint un niveau sans précédent de 9,8 % au premier trimestre.
Cette tendance, qui s’est accentuée depuis 2023, a pris de court la Banque de France. Initialement, elle avait prévu une normalisation du taux d'épargne autour de 15 %. Étonnamment, la hausse du revenu disponible a surpassé les prévisions, mais la consommation a crû de seulement 11 % durant la même période.
Une population craintive face à l'avenir
Pourquoi cette frénésie d'épargne ? Philippe Crevel, économiste et directeur général du Cercle de l'Épargne, l'explique par le climat économique, politique et géopolitique actuel. Les crises successives, notamment la guerre en Ukraine, l'inflation, et l’état des finances publiques engendrent une méfiance grandissante des Français.
D'autre part, le vieillissement de la population accentue cette tendance. Pour inciter les Français à dépenser plutôt qu'à épargner, l'État devra renouveler la confiance quant à l'avenir. Une option serait de diriger cette épargne vers la défense, permettant ainsi de rassurer les marchés financiers tout en adressant les craintes des épargnants.







