Le projet de réforme des retraites présente des modifications significatives concernant les règles d'attribution et le montant des pensions de réversion. Ces changements vous seront-ils avantageux ?
Actuellement, les taux et les normes d'attribution de la pension de réversion sont disparates selon le type de retraite (de base, AGIRC-ARRCO, fonction publique). Le projet vise à unifier ces règles et à mettre en place un système cohérent. Bien que des ajustements soient encore envisageables avant le vote de la loi, voici un aperçu des nouvelles dispositions.
1. Retraite avant le 31 décembre 2024 ?
Si vous prenez votre retraite avant cette date, rien ne changera pour vous. Selon le rapport de Jean-Paul Delevoye, « les droits à réversion pour toute personne devenant veuve ou veuf d’une personne déjà retraitée avant le 31 décembre 2024 resteront inchangés. Ces pensions seront calculées selon les règles actuelles, quel que soit le moment du décès, même après 2025 ».
2. Après la réforme : 70 % des revenus du couple garantis
Cette nouvelle règle s'applique uniquement aux couples mariés, sans condition de ressources. En cas de décès, le conjoint survivant conservera 70 % des droits à retraite du couple. Par exemple, si le couple perçoit ensemble 2 850 euros par mois et que le mari, qui décède, avait 2 000 euros de retraite, la veuve aura un revenu total de 1 995 euros, soit 1 145 euros de réversion et 850 euros de sa propre retraite.
- Avec les règles actuelles, le revenu de la veuve serait de 1 965 euros, ce qui représente un gain de 30 euros par mois grâce à la réforme.
- Cela peut ne pas être favorable pour tous, notamment si l'un des conjoints perçoit une retraite significativement plus élevée que l'autre.
3. La fin des droits à réversion pour les ex-conjoints
Le rapport prévoit que les droits à pension de réversion seront annulés pour les divorces qui surviennent après l'entrée en vigueur du nouveau système, prévue avant 2025. Les juges devront en tenir compte lors des divorces, notamment concernant les prestations compensatoires.
Pour les divorces antérieurs à la réforme, la pension sera proportionnelle à la durée de chaque mariage, mais risque de pénaliser celles qui, après un divorce tardif, n'ont pas acquis suffisamment de droits. Cela nécessitera une défense solide de leur avocate lors de la procédure de divorce.
Enfin, ces modifications restent à confirmer. Les débats au Parlement pourraient influencer certains aspects de la réforme, donc il est conseillé de rester attentif aux évolutions à venir.







