Les dates de péremption, souvent mal interprétées, représentent près de 20 % du gaspillage de nourriture. Ce constat alarmant est issu d'un rapport commandé par l'association France nature environnement (FNE) et l'application Too Good To Go, et publié récemment. Éclaircissons ce sujet crucial.
"À consommer de préférence avant le : 15 octobre 2018." Un message qui incite beaucoup d'entre nous à mettre à la poubelle des aliments qui sont encore consommables. En agissant ainsi, nous contribuons au gaspillage alimentaire sans même le réaliser.
Différencier DLC et DDM : primordial
Pour mieux saisir les informations figurant sur les emballages, il est essentiel de distinguer les dates de consommation limite (DLC) et les durées de durabilité minimale (DDM). Selon Jean-Charles Catteau, expert en pratiques alimentaires, "alors que la DLC est critiquable pour la santé, la DDM touche uniquement la qualité sensorielle des produits." Malheureusement, cette différence reste floue pour bon nombre de consommateurs.
L'engagement des acteurs de la grande distribution
Des initiatives prennent forme pour lutter contre cette incompréhension. L'application Too Good To Go, qui lutte contre le gaspillage, a lancé une pétition demandant à l'industrie agroalimentaire de clarifier le message autour des DDM, en ajoutant des mentions telles que "et après". Cela vise à éveiller les consciences des consommateurs sur la réalité de la consommation après ces dates.
Carrefour, par exemple, s'est montré réceptif en annonçant sur Twitter l'ajout d'une phrase explicative sur ses produits : "...pour une dégustation optimale !". Cela représente une première étape vers une meilleure compréhension des dates par le consommateur.
L'an passé, Carrefour a déjà fourni l'équivalent de 106 millions de repas à des organisations caritatives, soulignant l'impact positif qu'une telle initiative peut avoir. Auchan, quant à elle, a également donné 22,8 millions de repas, confirmant ainsi l'engagement de la grande distribution dans cette cause.
Une révision nécessaire des normes européennes
Tous les experts s'accordent à dire qu'il serait avantageux d'adopter une terminologie simplifiée similaire à celle utilisée au Royaume-Uni, où on utilise "Best before". Cependant, pour une mise en œuvre effective dans toute l'Union européenne, des changements législatifs s'avèrent nécessaires. Mais chaque pas vers cette normalisation est significatif et encourageant pour inspirer d'autres producteurs.
Pour aller plus loin, Jean-Charles Catteau souligne l'importance de sensibiliser chaque acteur de la chaîne alimentaire à cette évolution. Une prise de conscience collective s'avère essentielle pour réduire le gaspillage et optimiser nos comportements d'achat.
Finalement, il est crucial que chacun d'entre nous change sa façon de consommer. Spontanément, nous privilégions souvent les produits aux dates les plus éloignées dans le temps. C'est ici qu'une autodiscipline s'impose, encourageant des choix alimentaires plus responsables et ancrés dans le présent.







