Dahlias, roses, renoncules... Avez-vous déjà pensé à l'origine des fleurs que vous achetez? Bien souvent, elles viennent de très loin! Pour inverser cette tendance, un collectif rassemble des professionnels qui cultivent et vendent des fleurs made in France.
Vers un mouvement écoresponsable
Le mouvement slow flower commence à prendre racine en France, promettant de bouleverser nos habitudes d'achat chez les fleuristes. Inspiré par le mouvement Slow Food qui promeut une agriculture plus responsable, ce concept, né aux États-Unis dans les années 2000, fait la promotion des fleurs locales et de saison. Les roses, tulipes et autres fleurs qui inondent le marché en France viennent souvent de pays lointains, tels que le Kenya, l'Éthiopie ou l'Afrique du Sud, avant de passer par le plus grand marché aux fleurs au monde situé aux Pays-Bas. Cette situation a mené à une disparition préoccupante de nombreux producteurs locaux. Hélène Taquet, floricultrice et fondatrice de Popfleurs, a réalisé l'ampleur des dégâts lorsqu'elle s'est mise à chercher des fleurs françaises pour animer des ateliers de bouquets en entreprise. "Plus de 80% des fleurs viennent de l'étranger", affirme-t-elle.
Un réseau au service du circuit court
Pour faire face à ce défi, Hélène Taquet et Sixtine Dubly, journaliste, ont lancé en 2017 le collectif de la fleur française, un annuaire qui référence 130 pionniers du secteur qui s'engagent à utiliser au moins 50% de fleurs françaises, locales et de saison. Lucie, fleuriste à Cambrais depuis trois ans, est tombée sous le charme de cette initiative après qu'Hélène soit venue à sa rencontre : "Elle m'a invitée à cueillir des fleurs directement dans son jardin pour les vendre dans ma boutique. J'avais déjà envisagé cela, mais sans trouver de producteurs", raconte-t-elle.
Depuis, elle se rend chaque mercredi chez Hélène pour préparer ses bouquets, notamment pour les mariages. Afin de ne pas augmenter les prix, elle réduit légèrement sa marge, motivée par l'envie de faire découvrir ces variétés à ses clients.
Et cette démarche séduit ! Alors que la saison des fleurs s'étend de mars à novembre, les renoncules, anémones et mimosa du sud de la France égayeront vos intérieurs durant l'hiver. "Avoir des fleurs françaises chez soi, c'est authentique et elles ont du caractère. Les tiges ne sont pas toujours parfaitement droites car elles ne sont pas coupées mécaniquement, ce qui ajoute à leur charme", confie Lucie.
Choisir des fleurs écoresponsables
Chantal, 55 ans et productrice de fleurs dans la baie du Mont-Saint-Michel depuis deux ans, partage ce sentiment. Ancienne responsable des ventes dans une grande entreprise parisienne, elle cultive et vend ses fleurs deux fois par semaine sur les marchés. Sa participation au collectif a permis à un fleuriste de Granville de la contacter, pour un approvisionnement occasionnel : "C'est une fierté", déclare-t-elle.
Pour dénicher des fleurs écoresponsables, consultez la carte du Collectif des fleurs françaises et découvrez trois labels essentiels : Fleur de France, qui atteste de l'origine des végétaux ; Plante bleue, qui identifie les horticulteurs engagés ; et le Label rouge, récompensant certaines variétés de fleurs et de plantes.
En période de confinement, les fleuristes continuent de sublimer nos intérieurs grâce à des services de click and collect. N'hésitez pas à contacter vos fleuristes locaux pour découvrir leurs fonctionnalités d'achat en ligne, y compris la vente de sapins de Noël qui a repris depuis le 20 novembre.







