Un accord difficile à établir. Le 5 octobre, les partenaires sociaux ont trouvé un terrain d’entente sur la revalorisation des pensions complémentaires du secteur privé, qui seront augmentées selon l'inflation et le malus sera supprimé. Une bonne nouvelle pour les retraités !
Une augmentation de 4,9%
Suite à une séance de négociations nocturne, syndicats et employeurs ont validé un protocole pour l’Agirc-Arrco, impactant 13 millions de retraités et 26 millions de cotisants.
À compter du 1er novembre 2023, les retraites complémentaires seront revalorisées de 4,9%. Cette mesure répond à une nécessité après plusieurs années de revalorisations insatisfaisantes, décidées pour stabiliser un régime fragilisé par le contexte économique.
L'Agirc-Arrco a enregistré un excédent de 5 milliards d'euros en 2022, ce qui a convaincu les syndicats de défendre les intérêts des retraités. Toutefois, les projections pour 2024 à 2026 indiquent une revalorisation modérée, inférieure de 0,4% à l'inflation, afin de garantir la pérennité du régime.
La fin de la décote
Un autre point clé de l’accord est l’abolition du « coefficient de solidarité », un malus de 10% appliqué pendant trois ans aux retraités prenant leur pension à l’âge légal. Cette mesure, en vigueur depuis 2019, sera supprimée pour les nouveaux retraités au 1er décembre 2023 et pour ceux déjà touchés en avril 2024. Cependant, les montants déjà prélevés ne seront pas remboursés.
Les travailleurs qui prolongent leur carrière bénéficieront d’un bonus, et le cumul emploi-retraite permettra d’acquérir de nouveaux points Agirc-Arrco, respectant le plafond de la Sécurité sociale.
Contributions controversées au gouvernement
La question des contributions financières aux petites retraites constitue un point de friction entre les partenaires sociaux et l'État. Le gouvernement souhaite qu'une part des excédents soit utilisée pour équilibrer le système global des retraites, en établissant une contribution pouvant varier de 1 à 3 milliards d’euros par an. Ce projet a suscité des réticences, les syndicats et le Medef dénonçant cette demande.
Bien que l'accord du 5 octobre ne prévoie pas de financement direct entre les caisses d'Agirc-Arrco et celles de l'État, le gouvernement pourrait envisager d'utiliser ces fonds dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale. Michel Beaugas, de Force Ouvrière, s'oppose fermement à cette mesure, mettant en garde sur le fait que ce serait à l'État de prendre cette responsabilité.







