Avec plus de 350 000 espèces recensées, la famille des scarabéidés abrite entre 5 et 30 millions d'individus à travers le monde. Bien que souvent perçus comme de précieux alliés, car ils recyclent la matière organique et enrichissent le sol, certains scarabées peuvent causer des dégâts considérables dans le jardin.
Tandis que des espèces comme la cétoine pollinisent nos plantations, d'autres, comme le hanneton et le scarabée japonais (Popillia japonica), sont à surveiller. Ces nuisibles s'attaquent à différentes parties des plantes, des racines aux feuilles. Quelles sont les méthodes pour reconnaître ces intrus et les éliminer sans porter atteinte aux autres espèces ?
Phytophages ou polyphages : les scarabées à surveiller
Alors que la majorité des scarabées contribuent à la santé du jardin, le hanneton et le scarabée japonais sont à considérer comme des menaces. Il est vital de savoir les distinguer pour protéger les espèces bénéfiques.
Identification du hanneton
Le Melolontha melolontha, communément appelé hanneton, est le plus gros coléoptère de nos jardins, mesurant entre 25 et 30 mm. Il possède un corps noir avec des élytres brun rougeâtre. Ce phytophage se nourrit principalement de feuilles d'arbres et de plantes. Son cycle de vie sur trois ans culminera en une année où les dégâts de ses larves peuvent être particulièrement visibles.
Identification du scarabée japonais
Le Popillia japonica, souvent surnommé l'« auto-stoppeur », sait parcourir de longues distances. Il se distingue par son corps vert métallique et des élytres brun cuivré. Sa reconnaissance nécessite une attention particulière aux touffes de soies blanches sur son abdomen. Ce scarabée, introduit d'Asie, est capable de dévorer plus de 300 espèces de plantes, rendant son identification et sa gestion cruciales.
- Tête et thorax vert métallique
- Élytres brun métallique cuivré
- Touffes blanches sur les côtés du corps
Reconnaissance des larves
Les larves du hanneton et celles du scarabée japonais présentent des caractéristiques différentes. Les larves du hanneton se distinguent par leur couleur jaune et une tête plus développée. Celles du scarabée japonais sont blanches, semi-transparentes et se replient en "C" lorsqu'elles sont dérangées.
Quand s'inquiéter d'une invasion
Un unique hanneton ou scarabée japonais peut signaler le début d'une prolifération. Ces insectes ont tendance à se regrouper et à causer des dommages importants à la végétation. Des signes tels que le jaunissement puis le brunissement de la pelouse peuvent indiquer que des larves sont présentes, nuisant à l'état de votre jardin.
Entre mai et juin, les hannetons adultes consomment les feuilles de plusieurs arbres. En parallèle, les larves du scarabée japonais s'attaquent aux racines, ce qui peut gravement affecter les cultures variées, y compris le blé, l'orge et certains légumes. Le comportement de défoliation du scarabée japonais rend son éradication d'autant plus importante.
Le saviez-vous ?Le coléoptère japonais affiche un mode de défoliation particulier : il préfère les jeunes pousses et consomme les feuilles tout en laissant un réseau de nervures intact.
Faut-il éradiquer les scarabées ?
Le hanneton, bien que potentiellement nuisible, joue un rôle important dans la chaîne alimentaire, nourrissant plusieurs prédateurs. Réintroduire ces prédateurs dans votre jardin reste essentiel pour un équilibre écologique.
Stratégies pour limiter la prolifération
Éviter une éradication totale en favorisant la cohabitation avec les prédateurs naturels est recommandé. Voici quelques astuces :
- Invitez leurs prédateurs : merles, grives, hérissons et autres animaux insectivores.
- Améliorez la santé de vos pelouses grâce à un arrosage approprié pour encourager un système racinaire robuste.
- Évitez une pelouse trop courte, ce qui faciliterait la ponte des femelles scarabées.
En cas d'infestation sérieuse, utilisez des nématodes parasites comme Heterorhabditis bacteriophora pour cibler les larves du hanneton, ou déployez des pièges lumineux en dernier recours.
Éradiquer le scarabée japonais
Pour contrer le scarabée japonais, inspectez régulièrement vos plantes durant les mois d'été et signalez toute observation à la DRAAF. Capturez-les manuellement et évitez de les écraser pour ne pas libérer de phéromones, susceptibles d'attirer d'autres individus. Si l'insecte est infecté par une mouche parasite, il vaut mieux laisser faire la nature.







