Le 17 mars dernier, l'Agirc-Arrco, gestionnaire du régime complémentaire des salariés du secteur privé, a dévoilé des résultats financiers nettement positifs. Alors que la Sécurité sociale signalait un déficit moins sévère que prévu pour la branche retraite de base, l'Agirc-Arrco a annoncé un excédent de 2 milliards d’euros.
Après avoir souffert d’un déficit de 5,3 milliards en 2020, exacerbée par la pandémie et ses conséquences sur la masse salariale (-6 %), l'Agirc-Arrco a bénéficié d'une augmentation de 9,8 % de la masse salariale en 2021, une progression bien au-delà des prévisions de 5,1 %. Cela a entraîné une forte hausse des cotisations, qui ont bondi de 10,3 %, tandis que les dépenses en allocations n’ont grimpé que de 1,28 %.
Des réserves solides malgré la volatilité du marché
Les réserves financières de l'Agirc-Arrco ont atteint 68 milliards d'euros à la fin de l'année, permettant de couvrir neuf mois de pensions. Ce chiffre, en augmentation de 6 milliards par rapport à 2020, est pratiquement intégralement investi dans des actifs de la zone euro, dans le respect de critères de gestion responsable. Bien que les conditions du marché, en particulier liées à la crise ukrainienne, aient entraîné une baisse de la valeur de ces réserves, la direction de l'Agirc-Arrco reste confiante. "Nous n'avons aucune dette et nous n'avons pas l'intention de désinvestir", affirme François-Xavier Selleret, directeur général.
Vers une revalorisation des pensions ?
La santé financière de l'Agirc-Arrco soulève également la question d'une éventuelle augmentation des pensions. En novembre dernier, une revalorisation de seulement 1 % avait été décidée, alors que le contexte actuel pourrait permettre une augmentation jusqu'à 0,5 point au-dessus de l'inflation. Le président Didier Weckner a indiqué que la décision finale prendra en compte la situation économique et l'inflation actuelle, mais elle n'interviendra pas avant novembre 2022.
Ces résultats positifs s'accompagnent d'une nouvelle encourageante pour la branche retraite de la Sécurité sociale, avec un déficit réduit à 2,6 milliards d'euros, bien loin des prévisions initiales de 6,2 milliards. Face à ces performances, il est légitime de se demander si le système des retraites français nécessite véritablement une réforme de l’âge de départ, actuellement fixé à 62 ans. Les dirigeants s’interrogent : "Le système est solide, pourquoi envisager un recul de l'âge de départ ?"







